François me propose en retour Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ?
Je pense aussitôt aux nombreux manuels de vulgarisation psychologique dans lesquels ma mère, disparue en mai dernier, concentrait sa recherche de bonheur. Ces titres en forme de recette, nous avions pris l'habitude de nous en moquer, ma soeur et moi, à tel point qu'après sa mort, ma soeur a photographié, avant de les jeter, les couvertures les plus évocatrices — certains bouquins étaient cachés dans une mallette, ceux que ma mère voulait dérober à notre ironie, ceux qui traitaient d'astrologie ou de la sexualité des quinquagénaires. Parmi nos préférés : L’énigme de la femme active, égoïsme, sexe et compassion ou Le tennis et la sexualité, les écrits secrets de Freud.
Je pense aussitôt aux nombreux manuels de vulgarisation psychologique dans lesquels ma mère, disparue en mai dernier, concentrait sa recherche de bonheur. Ces titres en forme de recette, nous avions pris l'habitude de nous en moquer, ma soeur et moi, à tel point qu'après sa mort, ma soeur a photographié, avant de les jeter, les couvertures les plus évocatrices — certains bouquins étaient cachés dans une mallette, ceux que ma mère voulait dérober à notre ironie, ceux qui traitaient d'astrologie ou de la sexualité des quinquagénaires. Parmi nos préférés : L’énigme de la femme active, égoïsme, sexe et compassion ou Le tennis et la sexualité, les écrits secrets de Freud.
Ce chantier qui se nommera Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ? serait une partition, une redistribution de la mémoire et de la voix en fonction des lieux.
Ces textes, écrits entre 2000 et 2008, puisent dans un terreau autobiographique, celui de l’enfance, des années d’étude, de ma vie à Paris. Les prochains pourraient évoquer la Sicile, Étienne Decroux, l’adolescence de ma fille ou les mille et une façons de rater la rénovation d’un appartement ancien.
C'est un chantier ouvert, destiné à être retourné, redessiné, élargi de façon cumulative. Je ne sais pas si ça peut fonctionner.
Dans la compagnie de Thissa en résidence à la Maison de l'arbre, je découvre le premier numéro des Cahiers Armand Gatti dans lequel David Lescot écrit :
En rendant possible ce que le drame absolu ne peut pas faire (embrasser une vie entière), Gatti dramaturge rend possible par le théâtre ce que la vie ne peut accomplir (faire se rencontrer les différents « moi » que nous sommes aux époques distinctes de notre vie). C’est l’un des usages les plus achevés qui soit de la scène comme utopie.
[Gatti et ses dispositifs – AG Cahiers Armand Gatti N°1, p.16, Édition La Parole errante, mai 2010]
Ce qui est dit là me touche infiniment, j’aimerais y concentrer ma recherche de bonheur — mon chantier exhumerait, de façon utopique, un temps et un espace.
Un grand merci à Cécile Carret et Mahigan Lepage pour les premiers retours, et bien sûr à François.
Ces textes, écrits entre 2000 et 2008, puisent dans un terreau autobiographique, celui de l’enfance, des années d’étude, de ma vie à Paris. Les prochains pourraient évoquer la Sicile, Étienne Decroux, l’adolescence de ma fille ou les mille et une façons de rater la rénovation d’un appartement ancien.
C'est un chantier ouvert, destiné à être retourné, redessiné, élargi de façon cumulative. Je ne sais pas si ça peut fonctionner.
Dans la compagnie de Thissa en résidence à la Maison de l'arbre, je découvre le premier numéro des Cahiers Armand Gatti dans lequel David Lescot écrit :
En rendant possible ce que le drame absolu ne peut pas faire (embrasser une vie entière), Gatti dramaturge rend possible par le théâtre ce que la vie ne peut accomplir (faire se rencontrer les différents « moi » que nous sommes aux époques distinctes de notre vie). C’est l’un des usages les plus achevés qui soit de la scène comme utopie.
[Gatti et ses dispositifs – AG Cahiers Armand Gatti N°1, p.16, Édition La Parole errante, mai 2010]
Ce qui est dit là me touche infiniment, j’aimerais y concentrer ma recherche de bonheur — mon chantier exhumerait, de façon utopique, un temps et un espace.
Un grand merci à Cécile Carret et Mahigan Lepage pour les premiers retours, et bien sûr à François.